Un drapeau dans ma classe ? J’aurais préféré un vidéoprojecteur, moi…

Le drapeau français dans ma classe… Manu, tu déconnes, merde ! Moi qui cherchais déjà désespérément où accrocher mes affiches pédagogiques, me voilà à devoir trouver une place pour un drapeau ! Deux drapeaux, même, paraît-il, faudra mettre celui de l’Europe aussi. Et pis les paroles de la Marseillaise, tant qu’à y être. Bon, ben… faudra que je dégage les Accords Toltèques, alors… Tu sais, ce truc un peu gnangnan qu’on utilise souvent dans les écoles, qui incite à être bienveillant avec soi et les autres pour améliorer le vivre-ensemble. Non tu vois pas ? Je te mets le lien plus bas, pour ta gouverne. Bon, en tout cas, à la place, va falloir coller au mur « Qu’un sang impur abreuve nos sillons, ran patapon ! » Je t’avoue que je suis pas fan… mais je peux pas le dire trop fort, on va m’accuser d’être anti-patriotique.

Jean-Mimi, l’autre jour, en annonçant son plan « regarde moi dans le blanc des yeux et rappelle-toi d’avoir confiance », a dit un truc qui m’a un peu scotchée. Il a dit qu’à l’école, on s’accommode trop souvent de la difficulté scolaire, et que donc on va évaluer davantage.

Pas compris.

J’ai cherché de qui il pouvait bien parler avec ce on. Parce que moi, tu vois, Monsieur mon respectable et respecté Ministre, la difficulté scolaire, je ne m’en accommode pas trop trop (tu peux lire mon blog, si tu as le temps…) On bataille quotidiennement, avec mes collègues, on baigne dedans et on s’interroge en permanence… Et quand je demande un redoublement, on me dit non. Une aide RASED on me dit non. Un rendez-vous CMPP on me dit dans un an. Moins d’élèves dans ma classe on me dit rêve. Alors bon… Et puis je les évalue, mes élèves, je ne t’ai pas attendu, tu vois, je sais où chacun d’entre eux en est de son apprentissage… pourquoi tu penses que ça va m’aider de les évaluer plus et de te faire remonter les résultats ?

En même temps, c’est toi le boss, hein, et si je refuse, tu me menaces de retenue sur salaire, alors… (oui, oui, retenue sur salaire, paf ! et ce ne sont pas que des menaces, j’ai un peu envie que ça se sache).

Sinon, à part ça, l’école devient obligatoire dès trois ans. Nous, on était plutôt pour, à la base, parce que les petits qui ne viennent pas à l’école maternelle sont généralement ceux qui en tireraient le plus de bénéfices. Et puis tout à l’heure, j’ai lu ça, dans un article du Monde : « Abaisser l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans, à l’heure où la quasi-totalité d’une génération fréquente les bancs de l’école maternelle, est une mesure très symbolique sur le plan purement scolaire : selon l’étude d’impact du ministère, 26 000 enfants seront concernés. Pour les collectivités en revanche, tenues dorénavant de subventionner les maternelles privées, le coût n’est pas symbolique : il atteindrait 150 millions d’euros, selon les calculs du Comité national d’action laïque, qui regroupe plusieurs acteurs de l’école. Ce coût, rue de Grenelle, est plutôt estimé à 100 millions d’euros. »

Gloups… Dis-moi, Jean-Mimi, tout ça, là, toutes ces réformes, depuis tant d’années, qui se contredisent, s’annulent, discréditent, fragilisent… ce serait pas un subterfuge pour déglinguer doucettement l’école publique… C’est vrai qu’elle coûte « un pognon de dingue ». Je dis ça je dis rien. Mais je frémis.

Les 4 accords Toltèques expliqués aux enfants

 

Et pour le plaisir, Aux armes, Melissmell.