Et regarder au loin

A tâtons dans le vide, dans le flou, sans début, sans fin.

Peut-être là est l’espérance, extraire de tout ce blanc un commencement, un bout de fil à dérouler, à secouer, à dépoussiérer. Regarder avec ravissement la bobine ricocher, rebondir, se perdre et tournoyer. Piocher dans la détresse ce qui pourrait construire un sens. Y porter des mots, un à un, perler de la couleur pour donner du relief. Faire danser les lumières, approcher l’élégance.

A tâtons. Aveuglée, rétrécie, broyée. Tout au fond du ventre les ondes de vie qu’on croyait déchues. Réveillées.

Les lèvres doucement s’approchent. Sur la joue endormie posent un baiser léger, une morsure d’amour. Sur l’aile du nez effleurent une caresse. Sur le coin d’une paupière glissent un murmure soyeux. Sur la tempe en sueur, un gémissement joyeux. Descendent vers l’oreille, happent doucement le lobe, sucent tendrement la chair. Comme un coup de poignard assènent un je t’aime.

 

10 commentaires sur « Et regarder au loin »

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