Poser le cerveau

Arrête de réfléchir, il a dit. Cesse de penser, pose le cerveau, viens profiter, laisse-toi aller.

D’accord mais alors tu m’achètes une glace ! C’est ça qui m’est venu, une phrase d’enfant, un souhait aberrant, comme une boutade, un pied de nez en forme de croc en jambe sur ce cerveau abandonné, pour lui montrer que c’est con, pas de sens, débile, effrayant.

C’est le contraire, j’ai pensé, actionne tes neurones, n’oublie jamais de turbiner, sinon tu meurs. A quoi ça sert, pourquoi t’es là ? Qui le veut, est-ce que t’y crois ? Pourquoi maintenant, pourquoi là-bas ? Comment tu veux ? Vers où ? Vers quoi ? Et pourquoi moi ?

J’ai le point d’interrogation rageur, têtu. Des démons intérieurs bruyants, râleurs, et saugrenus. Je le sais, ils virevoltent en chantonnant et c’est jamais le même refrain. Je les chasse, crois pas, j’ai mes techniques, et ça marche parfois. Seulement voilà. Ronge, enfle, grandit, gagne la partie, éclate en larmes au petit matin. Ou en colère. Ou en ennui.

Penses-y bien, justement. Explore tranquille nos soubassements. Vois si ça tient, vois si c’est fiable. Me suis déjà cassée la gueule, j’aime pas, c’est pas gracieux. Sourire quand même et regarder ses genoux écorchés, brûlants, plein de petits graviers piquants. Évite-moi ça, je t’en prie, fais au mieux. Et comme t’es loin, dis-moi souvent, dis-moi je t’aime, dis-moi c’est bon. Si bon qu’on pourrait cesser de réfléchir, finalement, peut-être t’as raison, fermer les yeux, se souvenir. Prendre ma main et me sourire…

4 commentaires sur « Poser le cerveau »

    1. Comme il est déjà ancien, je l’ai relu suite à ton commentaire, et c’est vrai que je pourrais le réécrire aujourd’hui exactement de la même manière. Un petit coup de déprime, des incohérences, des volte-faces, des hésitations, des colères rentrées… La vie, quoi : le bordel ! Bises, Solange, à bientôt.

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    1. Chaotique, tu dis ? C’est assez logique, finalement, parce que c’est un texte « exercice » que je propose ici. Je choisis une phrase de départ, et je puise au fond de moi pour créer une ambiance (comme pour tous les textes de l’onglet « Fulgurances »). Je laisse venir, mais en même temps, je ne laisse rien au hasard, et là, j’ai effectivement beaucoup hésité, tergiversé, réécrit, raturé. Et c’est vrai que je soigne le rythme…
      En tout cas, c’est toujours chouette de lire tes commentaires et tes ressentis, Marc. C’est important, ces retours : un texte est toujours écrit deux fois, dit-on, une première fois par son auteur, une seconde par son lecteur ! Et tu es un sacré lecteur…

      Aimé par 1 personne

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