La vieille bagnole

  Quand je vais passer quelques jours chez ma grand-mère, je tiens absolument à me soumettre au rituel de la vieille bagnole. C’est la balade incontournable, le rendez-vous systématique. Les gosses connaissent le chemin par cœur, le chien nous précède avec les oreilles au vent en ayant l’air de bien se marrer, le raidillon pour arriver nous essouffle un petit peu, la boue du chemin nous colle aux semelles, selon les saisons on évite les flaques gelées ou on cherche les éventuels champignons, mais quoiqu’il en soit, l’humeur est toujours badine, et on rigole bien.

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     En haut de la montée entre les arbres, avant d’arriver aux premières maisons en contre-bas du village, nous attend la « vieille bagnole ». Depuis combien de temps ? De quelle époque date-elle ? Pourquoi est-elle là ? Qui a bien pu l’y abandonner ? Pourquoi depuis tout ce temps personne n’a pris la peine de la dégager ? Les questions sont toujours les mêmes, les hypothèses également, ça fait partie du rituel que de les poser à haute voix, d’y répondre en hochant la tête, de trouver des raisons logiques ou romantiques, ou fiscales, ou criminelles…

 

21 commentaires sur « La vieille bagnole »

  1. Trop bien de s’inventer des histoires à partir d’épaves ou de ruines! En plus la Dordogne, lieu de vacances de mon enfance et encore parfois maintenant pour Noel en famille!
    Bonne soirée à toi

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  2. Enthousiasmante,cette visite à la vieille bagnole !
    et puisqu’on est invité à rejoindre irrésistiblement le temps passé, j’obtempère :

    « Depuis que je suis là entre les troncs et les ronces, ils viennent me voir, chien courant au vent, mômes ébahis, adultes rigolards et émus. Ils posent mille questions – sans jamais écouter les réponses, bien sûr. C’est humain. Puis ils repartent, rechargés d’espoirs et d’illusions, braves pour quelques semaines, quelques mois.

    S’ils savaient. Baste, ils me me croiraient pas. D’ailleurs qui croirait qu’après cette lamentable rencontre avec cet imbécile d’Oedipe, j’ai erré à travers le monde et le temps, m’abritant dans diverses carcasses, rocs, grotte, ruine, jusqu’à cette rouille forestière. J’évite de me faire remarquer ; un sphinx, même au gout du jour, même automobile, est-ce que ça a un sens pour eux ?
    Mais, un jour où ils feront silence, à mon tour je leur poserais une question, une seule :
    – Qu’est-ce qui va sur trois roues le matin, sur quatre le midi et sur deux le soir ? »

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      1. Merci Camille. J’ai adoré rebondir sur ton histoire de vieille bagnole. Et le sphinxauto de répondre :
        – Et Zut !! elle a trouvé la bonne réponse !! Il va falloir chercher une autre planque au-gout-du-jour… console nintendo, carcasse de minitel ou bien disquette 5’1/4 ? »
        🙂

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  3. C’est vrai qu’on peut s’en raconter des histoires… rien que cette porte ouverte… de là à la passer et à rejoindre le temps passé, c’est très tentant.

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