Après la fête

Parfois elle laisse aller sa mémoire comme on se promène au hasard, elle pense à lui, à ses larges épaules, et pour elle seule elle sourit, les yeux humides, le cœur moelleux, la gorge aride. Elle voudrait dans ses bras placer son corps comme autrefois, et qu’ils ne disent rien, surtout pas, qu’ils ne disent rien, qu’ils restent là.

Parfois elle a le regret de leurs querelles, de leurs passions, des rires et des secrets, et de ses doigts polissons quand vers lui son corps se tendait. Elle voudrait encore les matins chantants, les yeux bouffis et le corps meurtri, le café bouillant et ces biscuits d’enfants qu’il trempait dedans.

Parfois elle a la nostalgie des larmes qu’il savait faire jaillir, de cet amour dévastateur, de cette fureur qui les prenait, quand l’un contre l’autre ils se jetaient. Elle voudrait encore les flots indécents, le plaisir dément, le rouge sur les joues, et ses yeux presque fous. Elle voudrait encore les tremblements irraisonnés de son corps abandonné. Elle voudrait, vraiment, et puis finalement…

Une marque à sa vie, à jamais tatouée, un trait définitif, l’avant, l’après. Comment décrire cette vaillance nouvelle, cette confiance en elle qu’elle y aura gagné. Jamais elle ne pourra assez le remercier.

Si ce n’est peut-être,  en ce jour particulier, un message lancé,  fugitif et discret, du bout des doigts, du bout des lèvres  : « Je t’embrasse tendrement, mon aimé… »

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4 commentaires sur « Après la fête »

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