Evaluations scolaires, on n’est pas des machines…

Semaine d’évaluation dans ma classe. Bah oui, on s’y colle. On dédramatise à fond, on rassure, on aimerait se soulager de ça, pas le plus rigolo, pas le plus gratifiant, pas le plus passionnant. Les soulager aussi. Ceux qui s’y ennuient, qui maîtrisent totalement les notions, on le sait bien, alors à quoi bon ? Ceux qui rament, le savent déjà, et se le prennent en pleine face, encore plus que d’habitude. Mais l’obligation est là : l’attente des familles (et c’est bien légitime), l’injonction de la hiérarchie, et il faut le dire, les nombreux enseignements utiles qu’on peut en tirer.

On différencie, bien-sûr. Mais différencier, ça veut dire quoi ? Je ne fais pas du cas par cas, la fiche, c’est la même pour tout le monde. Mais si celle-ci panique vite, je passerai la rassurer de temps en temps. Comme celui-là ne parvient pas à rester concentré plus de quelques minutes, je le surveille, je le remets au travail d’un coup d’œil ou en m’installant près de lui à intervalle régulier : avec maîtresse à côté, bien obligé de s’y mettre. Je guide la réflexion d’un autre qui en a besoin pour avancer, je me le note mentalement, « rappel de la règle nécessaire, mais ensuite c’est reparti ».

Ma petite bègue ne ferait pas grand-chose sans une aide spécifique. Je la soulage de la lecture pour les fiches de grammaire et de conjugaison. Je veux voir si elle reconnaît le verbe dans la phrase, pas si elle sait la lire, alors je lis, elle désigne le mot qu’elle pense être le verbe, et j’évalue la vraie compétence. Là, je vois bien depuis un moment qu’elle répond au petit bonheur, et je lui demande.

-Tu me réponds quelque chose au hasard ?

Elle hésite, hausse les épaules. Je souris.

-Tu as le droit de me dire que tu ne sais pas, je ne serais ni fâchée ni déçue, ça me montrera simplement ce qu’on va retravailler ensemble, et comment je peux t’apprendre mieux.

Elle acquiesce alors, et dit de son langage saccadé, incertain, mal construit, hésitant :

-Oui… je… dis le ha…sard.

Putain, je me sens tellement, tellement impuissante…

 

4 commentaires sur « Evaluations scolaires, on n’est pas des machines… »

  1. Moi, cela fait quelques années que je ne fais plus de semaines d’évaluation ( encore moins avant les vacances). J’évalue de temps en temps et sur une ou deux compétences grand max. Et souvent je photocopie des travaux corrects de leurs cahiers auquel j’y accole la compétence que je valide et que j’envoie aux parents pour faire signer. Du coup, je suis un peu plus dans le rythme des enfants par rapport à leur niveau (surtout en français et en math).

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