La classe, ce microcosme humain.

Premier jour des vacances pour ma zone. Depuis une bonne semaine, les gamins ne tiennent plus en place, ça frémit de partout, le soleil vient caresser leur nuque à travers la fenêtre et nous rappeler combien le printemps est joli, et comme les petites jambes ont besoin de bouger. Donc, on n’y tenait plus, je passais plus de temps à ramener le calme qu’à réellement travailler. Quand j’ai fini par m’apercevoir que j’étais toute seule à explorer le passé composé, je me suis dit qu’il était bien temps de stopper la machine et qu’il fallait savoir lâcher prise…

Donc, projet mandalas pour ces deux derniers jours, avec des objets de la classe jeudi, et le lendemain en extérieur, derrière la maternelle, où nous avons la chance d’avoir un grand champ bordé de haies. Ils ont pu courir dans l’herbe humide, et c’était « trop de bonheur ». Bien-sûr, travailler à 4 ou 5, c’est compliqué. Il y a eu des larmes, des disputes, des bouderies.

-Pourquoi tu pleures ?

-Il/elle ne veut pas faire ce que je dis, on doit toujours faire que ce qu’il/elle veut, j’en ai marre qu’il/elle commande tout le temps.

Forcer l’écoute, inciter le dialogue, suggérer la compromission, proposer des alternatives, et aussi, rappeler aux fortes têtes que les idées murmurées peuvent être aussi intéressantes que les ordres braillés, que ce n’est pas celui qui impose et hurle qui a forcément raison, et que personne n’est le chef ici (sauf moi, évidemment…) Au bout du travail, la photo que je prends avec mon téléphone les rend fiers, ils sont satisfaits du boulot mené ensemble : « On les aura dans nos classeurs, maîtresse ? En couleur ? Ouaiiiiiis ! » Un rien les ravit…

Ensuite, avant de partir, ils m’ont demandé s’il y aurait des devoirs pour les vacances. J’ai dit oui, mais je ne vous les fais pas écrire, je vous les dis et vous devez vous en souvenir. Et j’ai levé les doigts en énumérant : 1.jouer / 2.s’amuser / 3.se reposer / 4.pas de tablette ou de télé quand il fait beau / 5.profiter de vos copains, de vos cousins, de vos familles / 6.revenir en classe de bonne humeur à la rentrée. Au fur et à mesure, les sourires apparaissaient, ils se regardaient pour se prendre à témoin, en faisant des gestes de victoire, ils étaient trop contents. Ils ont ajouté : « Et aussi on doit lire tous les jours un peu, hein ? » Ben oui, tous les jours un peu. Ce qui est drôle, c’est que je leur fais le coup à chaque vacances, et qu’ils paraissent toujours tomber des nues.

Avant de sortir, une puce qui remplit toujours son cartable de doudous et de jouets est venu me dire que sa maman la ferait travailler quand même, un peu tous les jours. Je n’ai rien dit, j’ai haussé les épaules, j’en ai déjà parlé avec cette maman, je ne sais pas si mes conseils seront entendus. Un autre m’a dit que lui, la tablette et la télé, c’est sûr qu’il ne les regardera pas, parce qu’il a un téléphone rien qu’à lui. J’ai souri sans répondre.

Et maintenant pour maîtresse : quinze jours d’écriture, de lecture, quinze jours de mes enfants, de mon compagnon, des gens que j’aime, quinze jours de temps rien qu’à moi, et ça, c’est le plus grand des luxes.

 

4 commentaires sur « La classe, ce microcosme humain. »

  1. ouiz.. gros week-end ! (et vendredi, ..Saint Swiss !)
    Lundi, les gamins du quartier dans notre jardin, ..les œufs, les lapins,
    les traditions: c’est comme je veux moi !

    bon, tu vas dire que je te harcèle avec des liens du Huff’,
    ni je fais exprès ! même que celui-ci est ‘drôle’ !
    (surtout de savoir que j’ai 9 doigts.. /mieux que 4 !)
    Bonne Pâques 😀

    http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/12/methode-infaillible-eleve-cp-reussir-exercice-calcul_a_22036767/

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    1. Compter sur ses doigts, c’est essentiel, je ne comprends pas qu’on l’interdise aux enfants (j’ai des collègues qui soutiennent qu’il ne faut pas !). Quand j’avais des CP, on faisait en début d’année le jeu de la « salade de doigts », c’est-à-dire que je secouais mes mains (pour mélanger la salade !), et je montrais très vite un certain nombre de doigts levés, ils devaient écrire sur l’ardoise combien j’en avais montré. Il s’agit d’installer dans leur esprit la quantité sans avoir eu le temps de dénombrer, construire l’image mentale du nombre : 8 c’est une main entière et 3, il manque 2 pour faire 10, etc. Notre système de numération est en base 10, tout découle de nos dix doigts. Merci pour tes liens, Jak !

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