Paul et Tristan, mon roman de l’été

Et quand je dis « roman de l’été », je me place très loin du pavé sentimental sans risque pour l’esprit, sitôt lu sitôt oublié. Non, là, on fait plutôt dans la littérature Grand Huit, roulez petits bolides, accrochez vos ceintures et vos estomacs, âmes sensibles s’abstenir.

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Paul et Tristan raconte le destin tragique, violent et pervers de jumeaux abandonnés à leur naissance dans une poubelle de tri sélectif. Ce roman s’inscrit dans la lignée du mouvement Panique, recherche artistique et esthétique issue des années 70 (Topor, Arrabal, Jodorowski…) dont les principes majeurs sont la confusion et le hasard.

Le terme « Panique » évoque le dieu Pan (fils de Dryope et d’Hermès), mais aussi le préfixe grec Pan qui signifie « tout ». Une des constantes de la structure des créations paniques est l’aspect cérémoniel des œuvres, cela permet une profanation du sacré et une sacralisation du profane. Les thèmes récurrents exploités à travers les différentes formes d’expression panique (cinéma, littérature, théâtre, poésie, peinture, bande-dessinée) sont : la folie, la mémoire, la mort, le sexe et la religion.Comme le précise Arrabal : Le Panique dévore, transgresse, désobéit et viole. Le Panique avale la morale et le consensus. (cliquez ici pour lire le communiqué de presse complet de la maison d’édition)

Lorsque j’ai fermé le roman, j’ai aussi fermé les yeux, longuement. J’ai eu besoin de ce moment de respiration intérieure, tellement j’étais remuée. Il faut dire que ma lecture précédente, inoubliable aussi, c’était le mythique Homme Dé, de Luke Rhinehart, que je ne saurais trop vous conseiller de lire si vous êtes passé à côté jusque là. Je fais un lien entre les deux romans parce qu’il me semble qu’ils obéissent aux mêmes « contre-règles » de la confusion et du hasard. Des romans époustouflants, inattendus et marquants, donc.

Outre l’histoire elle-même, fascinante, surréaliste, et le schéma narratif hyper rigoureux et clair, j’ai été particulièrement séduite par l’écriture de Frédéric Aranzueque-Arrieta : une écriture précise et calme, presque froide, sans concession et sans facilité. L’auteur soumet des scènes d’une violence inouïe avec un détachement qui ajoute à l’effroi. Au cœur de la description d’un meurtre sanglant, abominable, il nous donnera toujours le prix et la marque de la lampe qui l’éclaire, la couleur et l’origine du canapé sur lequel la jeune fille est sauvagement violée, des détails du décor improbables et inutiles , comme si l’objet et l’humain était sur un pied d’égalité, sans hiérarchie d’importance. L’écriture de cet auteur est méthodique et implacable, à l’image des tueurs en série et de la société d’hyper-consommation… mais cette analyse n’engage que moi, c’est ainsi que je l’ai reçue.

Pour se procurer le roman, vous pouvez cliquer ici et accéder au catalogue des éditions Les Moires. N’hésitez pas, c’est garanti !

 

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