Merci Nelson

mandela1Comme dans toutes les classes, il y a dans la mienne différentes petites personnalités : des qui n’osent pas parler devant les autres, des qui font leur commandant, des qui sourient tout le temps, des qui se mettent à pleurer à la moindre micro querelle, des qui ont la bougeotte, des qui ont la parlotte, des qui ont chopé la tactique du regard concentré dissimulant une insondable rêverie, des qui sont tout le temps perdu dans la lecture, des qui paniquent à la moindre hésitation devant la consigne, des qui s’en foutent des consignes du moment qu’il y aura récréation… Et aussi, comme partout, il y a ceux qui ont l’esprit de compétition chevillée au corps, quelle que soit la situation, l’enjeu, le but : ils veulent gagner. Gagner, ça peut vouloir dire : terminer le premier l’exercice, arriver le premier le matin dans la cour, être le premier à atteindre sa gourde pour boire, avoir fini de préparer son cartable en premier, bref, faut être premier en toute chose sinon… Ben sinon : larmes, bouderie, blocage émotionnel, et éventuellement coup de latte au voleur de première place. Ceux-là, donc, marcheraient sur quiconque serait susceptible de contrarier leur podium, et ce n’est pas chose aisée de les faire grandir sur ce point. J’en ai vu en CM2 dont le visage se tordait encore de colère péniblement contenue parce que l’arbitre leur avait sifflé une faute pendant la partie de passe à dix. Salaud d’arbitre.

Heureusement, comme pour tout dans la vie, les grands auteurs sont là. Vous ne voyez pas le rapport ? Je m’explique. J’ai lu sur Facebook l’autre jour une phrase de Nelson Mandela que j’ai livrée dès le lendemain à mes élèves afin de clore un pugilat à l’issue d’un match de « balle au capitaine » dont le score était contesté. Nelson Mandela a dit : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. » On en a discuté, ils ont parfaitement intégré le concept, à tel point qu’ils le disent d’eux-mêmes quand la situation s’y prête.

On peut toujours compter sur les Grands Hommes…

7 commentaires sur « Merci Nelson »

  1. j’en profite pour ressortir mon histoire sportive préférée, celle d’un maharadja invité par la reine Victoria à assister à une course hippique, et à qui la reine demande ce qu’il en a pensé :
    « Honnêtement, rien du tout ; votre majesté pense bien que je n’ai pas atteint mon âge sans avoir déjà constaté que certains chevaux courent plus vite que d’autres ».

    Aimé par 2 personnes

  2. Il faut surtout compter sur les petits hommes qui assimilent si souplement les idées, bonnes ou mauvaises (parce que je suis certains que ça n’est pas une question de personnalité s’ils veulent être sur la première marche, mais juste l’idée majeure déversée à plein tombereau par le sport, la politique, la pub et la bétise humaine d’aujourd’hui).
    Bonne pioche, cette phrase qui doit les sortir un peu de l’angoisse du « si t’es pas preum’s t’es nul… »

    J'aime

    1. Je ne me risquerais pas à affirmer que cet esprit de compétition (de même que la timidité, le goût du commandement ou la susceptibilité) sont affaire d’inné ou d’acquis. Un peu des deux sans doute. Et il nous faut de tout, y compris des compétiteurs, il faut juste que ces tempéraments puissent s’exprimer positivement, dans le respect de l’autre. Enfin, c’est comme ça que je le vois…
      Cela dit, j’ai souvenir d’un papa d’élève qui avait dit à son fils, tout content d’avoir été deuxième au cross : le deuxième, c’est le premier des perdants. Et là j’ai vu rouge…

      Aimé par 2 personnes

A vos claviers : commentez !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s