Ton nom, nom de nom !

Pourquoi t’as changé de nom ? C’est bizarre de se cacher ! T’as honte du tien ou quoi ? Et pis d’abord, ça veut dire quoi, Lysière ? Et pis pourquoi Camille ?

Suite à l’annonce de la sortie de mon recueil et depuis que mon activité littéraire souterraine a émergé doucettement en version publique, la révélation de ma double existence, ce petit secret si bien gardé depuis des années fut révélé au grand jour et fit le tour de l’école à la vitesse de l’éclair. Le tour de l’école, le tour de la famille, le tour des amis et des amis des amis. Et c’est ainsi que je dus répondre à cette question fondamentale, posée plein de fois et sur différentes tonalités (perplexe, étonnée, inquisitrice, joviale, curieuse, soupçonneuse, voire menaçante, oui oui) : pourquoi t’as changé de nom ?

C’est marrant, parce que l’idée que je puisse avoir honte de mon nom, c’est une question qui n’est pas venue à l’esprit de mon compagnon, avec lequel je suis mariée, et dont le nom, donc, est devenu le mien par la force de notre société patriarcale, et celui de mes enfants parce que j’aime bien qu’on porte tous le même. Lui n’a pas envisagé que je puisse avoir honte. Il a compris immédiatement, il trouve assez normale cette envie de cloisonner, de situer les activités, d’avoir une identité spéciale pour une activité spéciale. Et aussi il sait que cette histoire de noms au cours de la vie d’une femme, c’est un sujet un poil sensible pour moi. Il le sait, lui, que je rage chaque fois que MA banque qui gère MON compte sur lequel est versé MON salaire que je gagne avec MON travail, ma banque, donc, m’écrit en s’adressant à lui… Sur le courrier, la seule trace de moi c’est le « ou Mme » avant son nom ET son prénom. Voilà, ça, ça me rend dingue. Ma conseillère compatit, cherche à résoudre le problème, mais l’informatique s’obstine. Moi aussi, mais mon obstination se limite à pester contre le grand néant des règles administratives. Ma grand-mère reçoit encore des courriers de ce genre alors que mon grand-père est décédé depuis des années… En plus d’être sexiste, le système informatique administratif est indélicat, mais je ne vous apprends rien. Bon, bref. Je m’agace, je m’agace et j’en oublie le sujet principal de ce billet.

Voici donc une petite explication sur mon pseudo pour ceux que ça intéresse (comptez-vous, je pense que vous êtes quatre à tout casser).

Lysière, c’est un mélange de mon deuxième prénom et de mon nom de naissance. Evidemment, c’était aussi révélateur de mon activité sur le blog : en marge, en bordure, à la limite de ce que je suis en pleine lumière et de ce qu’il y a de plus sombre en moi, de plus caché, de plus secret et intime, ces trucs troublants que j’ignore moi-même et qui émergent parfois dans mes textes à ma très grande surprise. Camille c’est en hommage à Claudel, que je vénère, elle me fascine. Et puis j’adore ce prénom…

J’ai choisi ce pseudo pour rire, au départ. Pour me cacher sur la toile, par pudeur, par désir de rester anonyme. Peut-être par coquetterie, et parce que c’est un jeu, un truc qui rappelle le « on aurait dit qu’on serait… » de quand j’avais cinq ans. Je me suis créé un personnage, qui est moi et pas moi, qui m’habite sans m’envahir. L’aventure a perduré,  et le pseudo de blogueuse est devenu nom d’auteure. Quand j’entre dans mon bureau, je deviens Camille et j’écris. Voilà. Le reste, c’est de la littérature, comme dit l’autre.

 

12 commentaires sur « Ton nom, nom de nom ! »

  1. Oui, hein, et la pudeur ? la pudeur ? C’est comme le nom de naissance, le nom d’épouse, le pseudo, on fait ce qu’on veut (quand on ne se heurte pas aux usages ancestraux que même les ordinateurs ont intégrés, Rhalala ! … )

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  2. Très chère Camille, juste un p’tit mot (?) pour troubler, faire mentir, alors « tout casser » ton estimation comptable à notre éventuel intérêt pour ton pseudo.
    Je suis le n° 5, ..c’est ça ? Youpie !
    Voilà j’ai fini, ..mon quota taquin est rempli, des becs !

    Tu voudrais mon avis ? franchement.. rien à cirer, tu fais-bien comme t’as envie !
    Tu pourrais t’appeler Amandine Dupin, ou Frederic Sauser, mon égal gaucher accidentel (ni les mêmes circonstances!) mais lui de Neuchâtel, moi Fribourg, et tout pareil: very frouze !
    Gaffe !! ces deux pseudos sont déjà pris, ..George Sand et Blaise Cendras.
    Evidemment! te souhaiter la même ‘aventure’ ! le reste n’est que…

    NB, marié depuis une 10aine d’années (tardif; donc mature?) ma chérie gardait son-nom, ..ni la question fut posée ni aucune raison d’une case à cocher !
    Bonne journée,
    Jaq Derolland, ..ou un p’tit fromage blan (et) alpin qui rit, Meuhh !

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° °°°°°°
    Un petit florilège retraçant la (très-très) lente sortie d-un placard où toutes! nos mères, frangines, cousines, filles, copines ou voisines furent au rencard,
    soumises et assujetties pls millénaires par un maître male,
    lui déniant ainsi toute! complicité, association. Point. (Dieu est au courant)
    Hélas, qql reliquat rémanent du-possédant burné colle ! ..m’agace et me gonfle.
    Nous savons par ex. que « désirer » une bagnole (la voler, en abuser..) est punissable /Justice.
    Alors que la même-action commise à sa propriétaire sera « non recevable ». À 90%.
    Eeeh oui il y a des stats, ..l’homme a besoin de distraction (ou) pourquoi regarder la lune alors qu’il a tant de doigts dans la main ?!
    ..stats, dates, chiffres et courbes (ai-je l’air de plaisanter) égale un total pétasse mathématique !

    http://www.liberation.fr/france/2015/07/13/quand-les-femmes-ne-pouvaient-pas-ouvrir-de-compte-en-banque_1347300

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour le destin souhaité ! 😉
      Bien-sûr que tout le monde s’en fiche, mais cette question qui revenait tout le temps, ça m’a fait rire, et comme ces billets sont maintenant lus par des proches…
      Pour le compte en banque, t’inquiète je survis quand même. Ton article est très intéressant, J’adore ta comparaison entre voitures et femmes, je la resservirai à l’occasion ! On progresse, mais on revient de loin, c’est l’évidence…
      Merci à toi, Jak !

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  3. Heu tu te sens vraiment obligée de te justifier ?
    Conseil pour ta banque – changes-en. Ton nouveau compte ouvre le bien à ton nom à toi dés le début.
    mode hyerk – demandes à ton mari s’il t’y autorise quand mème – mode hyerk fin
    Dans l’ensemble j’aime plutot bien les gens normaux, mais quand mème ils poussent souvent le bouchon un peu trop loin avec leurs petites saletés.

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  4. Mais ! si tu n’as pas le nom qu’on connait, c’est qu’on ne te connait pas !! Y aurait plein de choses à dire sur le nom, le pouvoir du nom, ce mot qui devient propre, mais qui est si important pour les autres (le « mon nom est personne d’Ulysse et de Sergio Leone) qui définit, donne le pouvoir sur le monde (m’sieu Dieu Lui-Même n’y échappe pas) cadre et cache… mais ce matin, je note juste que moi, personne ne me demande jamais pourquoi « paresseux » !

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      1. Pas du tout ! Paresseux, je le suis tellement que je peux passer énormément de temps à vérifier que ce que j’ai a faire en vaut tant soit peu la peine. Et le dodo, c’est parce que l’ornithorinque était pris (et puis un oiseau qui ne vole pas, c’est quand même l’opposé de l’albatros baudelairien…)

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