Les vacances de mon enfance

le jeu de l'élastique

Ma tante a récemment partagé cette jolie photo sur mon Facebook, me rappelant combien nous aimions jouer à l’élastique, mes cousines et moi, quand nous étions petites filles. On s’est fait la réflexion par com’ interposés que ce jeu avait disparu des cours de récré, et que c’était bien dommage… Il paraît que les gamins ont perdu en capacité pulmonaire, en résistance cardiaque, en volume musculaire, en dextérité, en capacité d’adaptation aux situations nouvelles, en autonomie. Quand je dis « Il paraît », je suis à peine ironique. J’ai repensé alors aux vacances de mon enfance, à toutes ces choses qui étaient mon quotidien, et qui étaient certainement le votre. Rien de rare, rien d’exceptionnel mais… voilà, je vous propose un petit jeu : relever dans ma séquence nostalgie le nombre de choses que vous interdiriez aujourd’hui à vos enfants (et moi aux miens, il va sans dire).

J’avais beaucoup de chance, je passais toutes mes vacances en Dordogne, soit dans la petite exploitation de mes grands-parents maternels, avec espace illimité et animaux en tout genre (Martine à la ferme), soit dans la maison des parents de mon père, située tout près de l’eau, à quelques kilomètres de Limeuil, village ravissant où se rencontrent la Vézère et la Dordogne. Celle-ci coulait à deux cents mètres à peine de la maison, la plage de galets était envahie de touristes toute la journée, et nous avions le droit après le dîner d’aller arpenter l’endroit  déserté pour chercher les machins perdus par les vacanciers (on a trouvé plus souvent des tongs cassées que des gourmettes en or, mais l’espoir fait vivre et la chasse au trésor quotidienne était un moment fort, juste avant Interville à la télé).

Je retrouvais  là-bas mes cousines, mon cousin, et nous passions notre temps dehors, c’est à dire surtout « en dehors du regard des adultes ». Ils n’ignoraient rien des activités qui peuplaient nos journées. On ne faisait rien en cachette, tout ça, c’était normal : les gosses, ça circule, ça se blesse, ça se chamaille, ça pleure, ça rit, ça tombe, ça expérimente.

Petite liste non exhaustive :

  • Investir la maison en ruine dans laquelle papy et mamie stockaient bois de chauffage et maïs pour les poules. On jouait au restaurant, on y passait des heures, le toit menaçait de s’effondrer. Mais quoi… il avait bien tenu jusque là.
  • Jouer à l’élastique, donc, et aussi au volant, au ballon, à la corde, aux animaux, au restaurant, au club des cinq, à cache cache, enfin, tout ça quoi. Et aux dominos, petits chevaux, bataille, belote avec mon grand-père.
  • Se baigner dans la Dordogne, évidemment. Trois heures après le repas, règle non négociable. Ma grand-mère nous surveillait du bord, elle craignait le courant, les trous d’eau, la noyade… normal, elle ne savait pas nager. (!)
  • Partir avec papy pêcher sur la rivière, en barque. Ça c’était la classe… On glissait en silence au large des vacanciers qui se baignaient en nous regardant passer, mon grand-père ne les calculait même pas et on se sentait les rois du monde.
  • Partir, tous les gosses, à vélo, des journées entières dans toute la campagne environnante. On réapparaissait aux heures des repas, affamés et dégueulasses, les genoux écorchés et les mollets griffés par les ronces. La belle vie.
  • Faire des cabanes dans les arbres, ne pas toucher terre pendant des heures, au sens propre.
  • Fabriquer des radeaux pour naviguer, partir sur l’île (c’est à dire un morceau de terre isolé de la berge par un bras d’eau déviant). Mon grand-père nous donnait des bidons vides pour faire des flotteurs, on clouait des planches, on sciait, on nouait les bidons, on trouvait un machin un peu long pour servir de rame, et vogue la galère. Mon frère était un as pour la conception, et c’était lui le capitaine du bateau.

J’ai eu une enfance tout à fait ordinaire, tranquille, accompagnée et sécurisée par des adultes qui n’avaient pas pour objectif de nous éveiller, mais qui le faisaient très bien quand même, en nous laissant nous dépatouiller, nous tromper, recommencer. Montessori avant l’heure, en somme…

10 commentaires sur « Les vacances de mon enfance »

  1. J’adore ton billet ! l’élastique, ça c’était de la balle !
    On a eu de la chance…on a appris la vraie vie.
    Mais rien n’est perdu, enfin je l’espère pour les générations futures…
    ¸¸.•*¨*• ☆

    Aimé par 1 personne

    1. J’envisage de chercher les chansons et les chorégraphies de l’élastique sur internet, pour leur apprendre, que le truc se répande à nouveau. Je suis sûre qu’effectivement, au niveau cardiaque et pulmonaire, on était au top avec un jeu pareil !

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