Education à l’empathie

On en parle souvent, à l’école et ailleurs, et depuis quelques temps, je vois parfois des messages injonctifs disant que l’école devrait « éduquer à l’empathie ». Bon très bien. Mais concrètement, comment on s’y prend ?

Il y a quelques années, j’avais assisté à une conférence donnée par le très passionné et très passionnant Omar Zanna, spécialiste de la question. Il y expliquait notamment un jeu que je fais pratiquer à mes élèves de temps en temps, le jeu du mousquetaire. Je l’ai un peu fait évoluer, si vous en cherchez les règles vous verrez des équipes qui jouent les unes contre les autres, moi, je préfère un modèle coopératif où le groupe entier s’applique à faire gagner le groupe entier (c’est un peu ma marotte). En voici le déroulé :

Je désigne 4 ou 5 mousquetaires, les autres élèves se répartissent dans la salle et adoptent pour le départ du jeu une « position inconfortable » (en équilibre, une jambe en l’air, les deux bras à l’horizontale, qu’importe pourvu qu’elle ne puisse pas être tenue très longtemps). Les mousquetaires circulent parmi leurs copains, les observent et doivent prendre la place de ceux pour qui c’est devenu intenable. Ils doivent alors adopter la même posture exactement et le remplacé devient mousquetaire à son tour. Si un élève tombe ou lâche sa position, toute la classe a perdu, il faut donc absolument le remplacer avant qu’il n’en puisse plus. Comme il est interdit de parler, on doit réussir à montrer ce qu’on ressent, et observer ce que ressent l’autre. Vous avez compris le principe.

Evidemment, le plus intéressant du jeu, c’est la conversation qui suit, que le jeu soit gagné ou perdu (on s’en fout, enfin moi je m’en fous, c’est un prétexte). Il est indispensable de faire verbaliser : ceux qui grimacent comme des malades dès les premières secondes, ceux qui au contraire restent souriants alors qu’ils sont au bout du rouleau, ceux qui s’en foutent et vont droit à leur meilleur pote, ceux qui visent d’abord la position qui leur plaît en oubliant le principe du jeu, ceux qui sont vraiment attentifs, ceux qui ne le sont pas le moins du monde… Tout ça se parle et s’explique, et on apprend que pour être compris il faut se faire comprendre, que pour comprendre l’autre il faut y mettre du sien. J’adore ce jeu. Ils l’adorent aussi !

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4 commentaires sur « Education à l’empathie »

    1. Très. Si vous êtes intéressée par le thème, Omar Zanna a publié un livre que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt où il développe cette question de l’éducation à l’empathie dans des milieux autres que l’école (prisons, banlieues…) J’ai trouvé vraiment fascinant sa manière de comprendre le processus et d’y apporter des solutions.
      « Le corps dans la relation aux autres / Pour une éducation à l’empathie »
      Très bonnes fêtes à vous, Olivia

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