Classe virtuelle, si on m’avait dit un jour…

Pour poursuivre cette continuité pédagogique avec ceux de mes élèves qui ne viennent pas en classe, j’ai démarré mardi dernier la « classe virtuelle ». Une séance le matin avec mes CE2, une autre l’après-midi avec mes CE1. J’en suis ressortie lessivée comme jamais, mais qu’est-ce que j’ai rigolé !

Alors voilà, ça se présente comme ça, le machin, les gosses se connectent, essai micro, essai caméra, hop hop, on se dit bonjour, et on « entre » en classe : on a dès lors tous la même chose devant les yeux : un document que je choisis, ou un tableau blanc que voilà (sans le bonhomme ça va sans dire).

tableau bonhomme

La règle : tu cliques en bas sur le bonhomme qui lève la main, puis quand je te donne la parole tu ouvres ton micro, tu parles, et tu le refermes quand je te le demande. (pas de caméra à ce stade, on ne fait que s’entendre).

Le principe : tout le monde peut écrire ou dessiner sur le tableau, et tout le monde verra ce qui y apparaît.

Chaque fois que l’un d’entre eux lève la main, j’entends une notification dans mon casque : DOUM, et l’icône qui apparaît face à son prénom.

Oui c’est génial, même si bien-sûr, si on fait lever la main en classe c’est parce que ça ne fait pas de bruit, donc soyons clairs : on a carrément perdu la raison d’être de cette habitude.

DOUM, DOUM, DOUM, DOUM, DOUM, DOUM… 

Et puis on a Zébulon, qui a bien tout compris au principe mais peine à le respecter dans le bon ordre (exactement comme en classe donc) :

Maîtresse ! J’ai fini !

DOUM

Oups pardon j’avais pas levé la main… 

DOUM

DOUM

Maîtresse, je t’aime et les copains ils me manquent. (oui, moi aussi, ferme ton micro mon grand)

J’avais trouvé le bon résultat moi ! (Demande la parole s’il te plaît, et attend que je te la donne)

DOUM

Oui d’accord maîtresse !

Maîtresse je suis perdu !

Ah oups, pardon. 

DOUM

Maîtresse je suis perdu ! 

C’est extra, j’ai bien rigolé, et je ne suis même pas ironique, j’ai adoré ce moment.

L’après-midi, dans le groupe CE1, un petit trublion rigolard et tendre a sévi sur le tableau blanc. Comme il avait terminé son calcul et attendait que les autres aient fini aussi (comme en classe je vous dis !), il s’est mis à écrire mon prénom partout sur le tableau blanc, et à dessiner des cœurs.

J’ai pas envie que ça dure, vraiment pas, mais j’avoue que cette période d’école à distance m’aura énormément appris. Elle m’aura obligée à me réinventer, à bouger mes lignes, à sortir de ma zone de confort. C’était violent par moment, déconcertant, frustrant et épuisant, mais c’était riche aussi. La relation avec les parents est inédite, toutes mes collègues le disent aussi. C’est vrai, c’est un truc dingue qu’on vit tous avec cette pandémie, et comme je dis aux gosses quand ils se mettent à flipper : Quelle aventure, hein ? On n’est pas prêts d’oublier ça, dis donc ! 

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