Mercredi morose

On arrive péniblement au bout de cette année épuisante, qui fait suite à l’autre, celle d’avant, éprouvante. Personne n’est épargné, tout le monde en bave, à chacun ses épreuves, ses combats, ses déceptions, ses renoncements, ces désillusions.

Trois lignes pour démarrer ce billet et pas un seul mot positif. Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui nous arrive ? Comment on en est arrivé là, à cette désespérance qui ne nous ressemble pas ?

Le petits je les aime toujours. Me lever le matin pour eux ne me pèse pas. J’arrive joyeuse à l’école, mes clés à la main et mes projets en tête. Oui je les aime. Même les emmerdeurs, même les braillards, les gesticulateurs, les résistants, les pleurnichards. Même les moqueurs, les bagarreurs, les menteurs, oui, même ceux-là. Ceux dont on dit avec les collègues : on va juste tenter de les empêcher de basculer du côté obscur de la force. Voilà, en l’écrivant je comprends pourquoi, malgré toute cette merde et toutes ces emmerdes, malgré la fatigue et l’amertume, l’énergie ne me manque jamais pour les tenir, les maintenir, les soutenir. C’est parce que pour eux, il y a encore de l’espoir. L’humain naît bon n’est-ce pas ? En tout cas moi, j’y crois. Me concentrer sur leurs sourires enfin retrouvés, la joie palpable qu’ils ont à gambader dans la cour le nez au vent. Les frissons qui me sont venus ce jour-là, le cri de bonheur qu’ils ont lâché quand on leur a dit ça y est, oui les enfants ça y est : on peut enlever le masque en récré !

Oui, en classe je me sens à ma place. Utile et efficace. Mais le reste, tout autour, me désespère. Tous ces adultes exaspérés d’un rien, à cran, perpétuellement en colère, ceux qui se sentent persécutés, ceux qui sont toujours sur la défensive, ceux qui croient sans cesse être lésés, ceux qui ne prennent pas leurs responsabilités, ceux qui pensent que c’est s’humilier que de reconnaître ses torts, qui semblent croire qu’un je suis désolé simple et franc pourrait leur déchausser les dents.

Je sais bien qu’on n’est pas les plus à plaindre, je sais. Mais bon, quand même, je suis déboussolée. Troublée, secouée, fragilisée. Il va falloir me requinquer pendant ces semaines d’été, avant de prendre mon élan et me relancer pour une nouvelle année.

Et pour finir en sourire, je choisis d’illustrer mon billet tristounet par cette photo chipée je ne sais plus où à je ne sais plus qui (mais qui m’en excusera s’il me lit…) et qui me fait toujours rire.

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