Bête à Bon Dieu

Début juillet, alors que je m’apprêtais à entrer dans les locaux d’Eyrolles pour m’essayer avec curiosité à l’exercice inédit des interviews filmées (clique ici et ici pour me voir causer de mon livre si tu as loupé ça lorsque c’est sorti en septembre), je m’étais retrouvée nez à nez avec elle.

Elle était là, sur le trottoir, juste devant l’entrée de la rue Thénard, toute fragile et esseulée, bravant l’immensité du monde et la multitude de ses dangers, ignorant les risques qu’elle prenait à circuler ainsi, sans défense, avec tous les pieds menaçants des passants aveugles aux petites beautés de la vie. Une bête à Bon Dieu en plein Paris, minuscule, sans défense, dérisoire.

J’y avais vu un signe. Positif, le signe, il va sans dire : la petite chose allait me porter chance.

Une coccinelle, ici, devant la porte de mon destin, c’était quand même improbable.

J’avais pensé ça, oui, et j’avais même envoyé la photo à ma fille, pour qu’elle y pense avec moi. De tous mes proches, ma fille est celle qui peut le plus naturellement comprendre ce genre d’idées.

C’était grandiloquent.

J’aime bien quand c’est grandiloquent.

Rien que le mot, grandiloquent, il me fait rire.

La demoiselle écarlate ne bougeait pas, posée en plein milieu du bitume de Paris, exactement là où elle avait le plus de risque de se faire écrabouiller. Je l’ai prise délicatement pour la mettre en sûreté. Je l’ai éloignée du monde, pensant la protéger.

Si Baudelaire était un albatros, je peux bien, moi, me sentir coccinelle.

Je te dis : grandiloquent, j’aime bien.

6 commentaires sur « Bête à Bon Dieu »

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