L’enfant le plus généreux du monde

Aujourd’hui, le plus proche voisin de Monsieur Zonzon était absent. Ni une ni deux, celui-qui-ne-se-mettait-jamais-au-boulot a attrapé le cahier du jour de celui-qui-avait-une-sale-gastro dans le but de lui faire ses maths.

-Mais enfin, Zonzon, me suis-je exclamée, interloquée, qu’est-ce que tu fabriques avec le cahier de ton voisin ?

-Ben je lui fais le travail, parce qu’il est pas là, comme ça, c’est mieux, parce qu’il peut pas le faire, puisqu’il est pas là.

Le premier moment de stupeur passé, j’ai asséné une explication de texte assez lapidaire dont l’idée principale pourrait se résumer ainsi : Ouais, ben commence par faire TON taf sur TON cahier, ce sera déjà pas mal.

Alors l’enfant le plus généreux du monde a dit OK (il n’est pas contrariant), il a attendu que je me détourne vers d’autres missions à droite à gauche (je n’en manque pas cette année) et il a poursuivi un vieux dessin qui traînait dans le fond de son casier, tranquillou bilou, jusqu’à ce que je revienne vers lui batailler comme chaque jour pour qu’il démarre, poursuive et finalise son boulot. Mais bon, je suis bien punie : j’avais qu’à pas décourager une si belle initiative. C’est vrai quoi, je fais rien qu’à lui pourrir sa bonne volonté !