J’ai subi « Mektoub my love ».

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D’abord, je dois avouer une chose, je n’ai pas vu La vie d’Adèle. Je n’ai pas encore vu La vie d’Adèle pour être plus juste, parce que ma mère et ma fille m’asticotent pour que j’y plonge enfin, abasourdies l’une et l’autre que je passe à côté de ce film merveilleux selon elles. Être prise en tenaille entre deux générations, ça pousse à la confiance, quand même.

Donc j’ai décidé de foncer voir ce nouveau film d’Abdellatif Kechiche, surtout que ça encense grave dans les médias.

2h55… c’est long quand il ne se passe rien… C’est interminable quand la caméra joue à sautiller en suivant les personnages au plus près, tourne avec eux, se cale sur leur rythme (je sais c’est un effet de style, mais pardon, c’est un effet de style qui me colle la gerbe).

Les comédiens sont magnifiques, tous parfaitement justes, et se prêtent à la non-histoire avec délice et une sacrée dose d’énergie, rien à dire. Ce qu’il y a, c’est qu’Abdellatif Kechiche nourrit quelques passions qui m’ont parues démesurément explorées dans ce film (2h55 je rappelle) :

  • fascination pour le cul de mam’zelle, qu’elle a fort beau cela dit : dodu et vibrant, un corps voluptueux qu’on a envie de caresser. Bon, soit, mais si tu enlèves les plans serrés sur son cul, tu perds une bonne heure de film. Abdellatif, tu pousses, là !
  • fascination pour la capacité des humains à brasser du vent pendant d’interminables conversations : y m’a dit, j’y ai dit, y m’a répondu, tu crois qu’elle, tu penses que lui, t’façon j’vais, et alors, et quoi, et comment, et on recommence y m’a dit, j’y ai dit, y m’a répondu, tu crois qu’elle, tu penses que lui, t’façon j’vais, et alors, et quoi, et comment… Pitié… C’est déjà pénible dans la vraie vie avec les vrais gens que j’aime, m’infliger ça quand je vais au ciné, c’est dur.
  • fascination pour ce rituel humain qui consiste à se frotter les joues quand on se rencontre. Les chiens se sentent le cul, nous on se fait la bise, c’est comme ça. Et comme les personnages se retrouvent souvent, dans le film, et qu’ils sont souvent très nombreux, on a droit à des scènes hallucinantes de bises croisées filmées à ras. Un peu pareil : c’est déjà chiant dans la vie…

A part ça, un millier de thèmes que j’aurais adoré voir développés, et qui sont juste esquissés… Des anecdotes dont on se demande ce qu’elles apportent au scénario, puisqu’on n’en parle plus dès lors qu’on les a suggérées. Peut-être que je n’ai pas tout compris, je ne dis pas, je ne suis pas forcément affûtée, j’ai pu passer à côté de messages forts, mais je ne crois pas. Les critiques que j’ai lues après coup décrivent exactement mon ressenti, mais en trouvant que c’est génial, quand j’ai juste pensé que le réalisateur avait pris son pied et négligé le mien (et ça, monsieur, c’est mal).

Un beau film d’époque, quand même. La mienne, d’époque : 1994, j’avais 20 ans. Pas exactement le monde que je fréquentais, les boîtes de nuit, les shorts ras la moule, la plage, tout ça, c’était pas mon trip. De toute façon, je ne danse que si c’est DJ Kriss aux manettes et uniquement s’il n’y a que des copains autour. C’est pas tout à fait un principe mais pas loin (coucou mon Kriss chéri !). Bref, les années 90 sont là, et bien là. Je me suis pas mal ennuyée, j’ai attendu vainement que ça déclenche, et je suis retournée à mon quotidien bredouille.

La vie d’Adèle, ce sera pour ce weekend, j’ai confiance.

Joyeuses Pâques les zamis !