Les gosses et les chatons, c’est du pareil au même.

Il y a six semaines, 5 chatons sont nés à la maison. Je ne me lasse pas de les voir grandir. Et je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec ce que j’ai sous les yeux à longueur d’année scolaire. Les gosses et les chatons, c’est du pareil au même.

Je vais directement au stade jeux et pirouettes, même si on pourrait disserter sur la similitude du tout premier âge et de sa dépendance totale à la mère, omniprésente. Je vais directement à l’âge des galopades, des dérapages, des équilibres hasardeux au bord des meubles, des premiers souffles de colère, soudain, entre deux qui s’agacent depuis trop de temps sans doute, poils hérissés et sourcils menaçants, une claque parfois, paf, et aussitôt les voilà repartis, distraits par une mouche qui passe.

Les expériences motrices, particulièrement, me fascinent et me questionnent. Bien-sûr, je les observe sans aucune appréhension de les voir tomber, se blesser, ce sont des chats, quand même, pas des gosses. Je les vois tenter des trucs improbables pendant des heures, se percher, sautiller, s’accrocher, courir sans raison, grimper, dégringoler, rater la marche et s’affaler. Ils couinent parfois, de surprise, de douleur, de peur, puis se remettent sur leurs pattes en se tortillant et repartent à l’assaut du monde. Leur mère a vaguement tourné la tête vers l’origine du minuscule cri, elle ne daigne pas en faire plus, ils se débrouillent.

La semaine prochaine, ils vont partir. Ça va me faire drôle de ne plus les voir. Je les regarde beaucoup, je les observe avec ravissement. La petite tristesse est déjà là. Et avec elle l’envie de ne pas en perdre une miette. Ouais. Ça va me faire drôle…

Lescun 2018