Parfois, je me sens accablée… mais heureusement, mes élèves sont là.

Salut à tous,

Je pense que ce billet va partir un peu dans tous les sens, vu mon état intérieur de ce jour, mais comme j’ai besenvie de vous dire des choses, et que c’est un peu le but d’un blog, zou, j’y vais. Je vais juste attendre d’avoir écrit le post pour trouver un titre, parce que ça dépend du vent. Et pas qu’un peu.

Je me disais ces jours-ci que j’étais vraiment très étonnée par la capacité de l’humain à se complaire dans des fonctionnements qui ne marchent pas. Je passe sur le système capitaliste, qui a largement fait la preuve de son talent pour créer du malheur et du désespoir à grande échelle, excepté pour une poignée de chanceux, mais qu’un très grand nombre de personnes défendent comme s’il allait nous sauver, là, demain, de tous les fléaux qu’il a lui-même mis en place. Je passe sur le fait que beaucoup continuent à défendre les violences faites aux enfants sous prétexte qu’elles seraient l’unique moyen de les éduquer, alors que je constate quotidiennement que ceux qui subissent ce genre de méthodes éducatives sont ceux qui filoutent, mentent, font davantage de bêtises que les autres, sont violents à leur tour ou mal dans leur peau, n’ont confiance en personne, même pas en eux-mêmes, dissimulent, trichent, jalousent et développent toutes ces qualités magnifiques qui font le bonheur de leurs auteurs et le respect de leurs pairs… Pour ne parler que de ces deux thèmes. J’en ai d’autres, mais je vous épargne.

Je vais plutôt parler des devoirs, histoire de me centrer sur une chose que je connais fort bien, en tant que maîtresse et en tant que maman. Alors bon, je vais dire les choses tout net et tout clair : les devoirs, ça fait chier le monde et ça ne sert à rien. Voilà. Je sais que je ne fais pas l’unanimité, loin de là, je sais qu’on va me répondre oui, mais bon quand même, il faut bien, un peu, à l’oral, pour s’habituer pour après, pour fixer les notions et tout ça. Je dis non. Non, non et non. Les devoirs, ça fait chier. D’abord, c’est pas parce que plus tard on va trimer qu’il faut en baver le plus tôt possible. Pourquoi pas des devoirs en maternelle dans ce cas ? Pour s’habituer pour le CP qui familiarise avec le CE qui prépare au CM avant de charger la mule au collège ? N’importe quoi. Bon, admettons que je ne m’engage que pour mes CE. Ils ont besoin de jouer presque autant que de respirer ou boire de l’eau. Courir, sauter, rêver, faire des villages de playmobils, coiffer leur poupée, se salir en glissant des talus, monter des constructions en légo, pourrir leur futal en plongeant dans l’herbe pour stopper le ballon, bref, ils ont besoin de vivre. Ils se construisent en s’ennuyant, ils se façonnent dans les jeux symboliques, ils affinent leur personnalité dans les interactions avec leurs copains. Ils apprennent beaucoup dans ces moments-là. Beaucoup plus qu’en récitant des leçons qu’ils ne sauront pas utiliser parce que ça ne fait pas sens.

Les champions du monde en terme de réussite scolaire sont les Suédois. Qu’ont-ils fait les Suédois ? Il y a environ vingt ans, ils ont réformé leur école. Ils ont baissé le nombre d’élèves dans les classes, ajouté des assistants qualifiés aux enseignants pour les seconder, ils ont diminué le nombre d’heures, ils ont valorisé les activités manuelles dès les petites classes, ils ont supprimé les devoirs à la maison, ils ont interdit les violences faites aux enfants (à l’école évidemment, mais aussi à la maison). Résultat au bout d’une génération : leurs gosses obtiennent les meilleurs résultats au test PISA, et leurs prisons se vident, si bien qu’ils ne savent qu’en faire, et qu’ils les louent aux Belges ou les utilisent pour accueillir temporairement les réfugiés. Pourquoi, dans ce cas, ne pas les imiter ? Pourquoi s’obstiner sur des modèles qui merdent ? La force des habitudes… La  difficulté à sortir de ce qu’on a soi-même connu, à imaginer de nouveaux procédés. La connerie, aussi peut-être… mais je dis ça parce que je suis de mauvaise humeur.

Et maintenant, je vous livre ce petit mot trouvé tout à l’heure, par terre sous une table. C’est un échange dont je ne connais ni les protagonistes ni la raison. Mais il me fait chaud au cœur : mes élèves sont capables de s’excuser, et de se pardonner… (je dois retravailler la cédille et le présent, cela dit)

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Je vous avais bien dit que ce billet serait décousu.