J’ai besoin de vous.

Je n’ai pas été éduquée à me montrer, à chercher la lumière, à me vanter, à jouer des coudes et à parler plus fort que mon voisin. C’est un problème évidemment quand on essaie d’avoir une petite notoriété.

Et voilà, deuxième phrase et déjà je me prends les pieds dans le tapis… « petite » notoriété, pourquoi « petite » ? Ok, je recommence…

Je n’ai pas été éduquée à forcer les portes, à agiter les bras, à gesticuler pour qu’on me voit et à faire ma maligne. Je n’ai pas de carnet d’adresses et de droits d’entrée nulle part. Je ne connais pas de Gens, je ne sais pas comment on s’y prend pour se faire remarquer, on m’a toujours dit de ne pas le faire, de ne pas faire « mon intéressante ».

Mais maintenant, je suis écrivain… Et je veux qu’on lise mes livres, je les ai écrits pour ça, sinon à quoi bon ? (Le mal que j’ai eu à écrire « je veux »… on dit pas « je veux » ! On dit « je voudrais », non mais elle se prend pour la Reine d’Angleterre ?!)

Je n’ai pas « besoin » d’écrire comme le clament certains auteurs, ou plutôt, ce que j’ai « besoin » d’écrire pour mon équilibre et mon bien-être, je ne le publie pas. C’est à moi, ça m’appartient. Ce que je publie a été écrit pour vous, pour vos yeux et votre âme, pour votre cœur. Quand ça n’atteint pas vos yeux, votre âme, votre cœur, ça me fait du chagrin. Coup d’épée dans l’eau, sensation d’inutilité, de perte de temps aussi.

Pour que ce livre (La bête en elles), mais aussi celui d’avant (Le silence de la cigale) et le précédent encore (Compte petite, et deviens…) atteignent vos yeux, votre âme, votre cœur, il faut bien que vous ayez vent de leur existence. La promo ça s’appelle. Un truc qui me dépasse vous l’aurez compris. Je sais que mon roman est un très bon roman, j’ai eu des dizaines de chroniques élogieuses sur les réseaux sociaux et quelques « coups de cœur » de libraires qui ont sensiblement fait grimper mon taux de confiance en moi. Je ne doute plus, je sais que je suis légitime, que j’ai eu raison d’y croire, c’est déjà ça de pris. Mais maintenant, j’ai besoin de vous pour sortir d’une confidentialité dommageable. Depuis que j’ai commencé à écrire, je me suis appliquée à être persévérante et tenace, mais j’ai été persévérante et tenace en silence, dans mon coin, dans ma grotte, parce que je croyais que mon rôle s’arrêtait là : tipatoper sur mon clavier, inventer des histoires, faire en sorte qu’elles soient vibrantes et agréables à lire. Il faut être honnête : c’est insuffisant.

Donc, en attendant qu’Augustin Trapenard m’appelle, ou plus exactement POUR qu’Augustin Trapernard m’appelle, j’ai besoin de vous…

Yo, les amis, activons ce fameux bouche à oreille dont on dit qu’il fait des merveilles !

Je vous remercie d’avance et vous souhaite une très belles année !

Camille