Entre douceur et violences

On l’entend, on le sent qui gronde, là, juste derrière la dune, juste là d’où vient le vent. Son terrible boucan, ses embruns salés qui dessèchent et rongent, tout, tout le temps. Derrière la dune, juste là, tout près, je ressens déjà sa magnifique violence, frappant inlassablement le sable de son ressac têtu qui se fout de nos bavardages, de nos petitesses et de nos prétentions.

Il est là, je le sais, je suis venue pour lui et je me presse, j’ai hâte, le retrouver intact. Mais avant ça, je fais une halte pour capter cette lumière de fin de journée frôlant sans brutalité le parterre de queues de lièvre qui s’étend devant moi. Comme pour apaiser mon regard avant l’impitoyable déchaînement de l’océan.

Biscarosse

Biscarosse, juillet 2020